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The Mark of Time (Limited Edition 250 Copies + signed C print)

Eric Rondepierre

46,00€

Le cinéma est né en 1895. En 2015, son dispositif original n’est plus parmi nous, ainsi va le monde, une technique meurt, une autre apparaît : « la mort assurément est la jeunesse du monde »1. Ma recherche prend place dans un moment de transition puisque je commence mon travail sur le cinéma en 1990 et que je commence à le montrer en 1992. C’est en 1993, à Washington (USA), que j’initie une série de photographies montrant des photogrammes de film corrodées par le temps, les conditions de stockage. Deux ans après je les expose au MoMA de New-York. Depuis lors, je visionne des films dans les cinémathèques occidentales et les collections privées, prélève des images « décomposées » sans les retoucher. Je choisis celles, rares et improbables, où l’empreinte du temps dialogue avec l’image de telle façon qu’il devient parfois difficile de savoir où s’arrête l’image proprement dite et où commence le travail de sa destruction. Jean Cocteau disait que le cinéma filmait « la mort au travail ». Il m’a paru intéressant de repérer ce travail de la mort au sein même du medium, dans la couche matérielle et invisible qui nous permet d’y avoir accès : la pellicule. C’est avec une longue patience que j’ai été conduit à parcourir le cinéma en tout sens (voir un long-métrage image par image prend 15 jours à raison de 8h/Jour), à réfléchir sur la précarité des archives de film, leur support, leur conditions d’apparition, et de disparition (j’étais loin de penser que la pellicule elle-même disparaitrait !). Que des figures et des lieux filmés depuis un siècle puissent refaire surface sous un autre visage et en d’autres temps n’est pas fait pour me déplaire. Que j’ai pu fixer leur rencontre hasardeuse avec les maladies qui affectent leur support me satisfait pleinement. Que ces images aient une beauté, une étrangeté et une force est de surcroit : la grâce tombe où elle veut.

Cinema was born in 1895. In 2015, the original device has disappeared – such is the world, a technique vanishes and another emerges: “There is no doubt that death is the youth of the world.”* I initiated my cinematic research at a transitional moment, in 1990, and presented it in 1992. In 1993 in Washington (USA), I started a series of photographs figuring film photograms corroded by the passing of time and storage condition, which were exhibited in New York two years later at MoMA. Since then, I have been watching films from Western film libraries and private collections, harvesting “decomposed” images affected by the passing of time. Without retouching them, I select the improbable and rare ones, those in which the marks of time enter in dialogue with the image to the point where it can be difficult to distinguish the fine transition between the actual image and its destruction process. Jean Cocteau claimed that cinema filmed “death at work”. It seemed interesting to me to spot death at work at the core of the medium, in the material and invisible layer giving us access it: the film itself, the reel. With great patience, I was lead to roam though cinema (it takes fifteen days, eight hours a day, to watch a feature film image by image), to reflect upon the instability of film archives, their support, the conditions of their appearance, and disappearance (I was far from imagining that the proper reel could vanish!). The notion that figures and locations filmed a century ago can resurface differently and at other times; that I was able to fix the hazardous encounter with the ills affecting their support, is quite satisfying to me. The notion that these images carry some beauty, strangeness and vibrancy is a nice addition: grace falls on wherever.

Edition of 250 copies with an 15 x 19 cm C Print signed by the author. BeSpoke N°1 size 210mm X 280mm

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